06 mai, 2022

VOYAGE AU CAMEROUN - 6 mai

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C'est déjà la fin de notre périple, ce matin, je suis un peu nostalgique de quitter ceux à qui je me suis déjà attachée, l'équipe de Tropical Forest: Ladi, Manfred, Pierre, Jean-Claude, Marina, Hector, Lionel, Jean-Bernard, Billong et les autres. On s'en va dire aurevoir cet après-midi. Je sens l'émotivité me gagner. Je vais prendre l'avant-midi pour une petite introspection bien méritée.

Sur le chemin du retour de Campo, avant-hier, on a eu la chance de discuter avec Serge, l'adjoint de Virginie, grande "boss" de la FEDEC. C'était une excellente conversation sur plein de sujets: entrepreneuriat, différences socio-politiques Cameroun-Canada, bref, c'était très stimulant d'en apprendre davantage sur le système camerounais. Au cours de cette conversation, puisqu'à présent j'ai fouillé le sol africain, Serge me demandait si j'avais des plans d'expansion en Afrique. Tu me connais, et tu sais que je n'ai pas envie d'un nouveau projet. Il m'a pris par surprise et je crois que j'ai mal répondu et lui disant que j'avais beaucoup bossé dans ma vie et que j'avais envie de moins travailler, que ça avait été difficile, quand même, de mener de front ma vie de femme entrepreneure et celle de mère, tout en tentant de garder une place pour mon couple, et, le peu d'espace qui reste pour moi.

Après, j'ai réfléchi et je me suis repris en lui expliquant ceci: ce n'est pas que le développement ne m'intéresse pas. Certes, je vieillis et je n'ai pas la fougue de la vingtaine, mais je suis surtout soucieuse de mettre mon énergie à l'endroit ou ça comptera vraiment, là ou j'aurai le plus gros impact. Mon entreprise me donne un terrain de jeu hyper fertile. J'y ai rassemblé mon équipe de rêve (en plus avec une bonne amie qui s'y ajoute dès lundi prochain, je suis très fébrile!), et j'y suis heureuse à cultiver mon jardin. La Savonnerie me permet de faire une différence au quotidien dans l'intimité de milliers de Québécois et maintenant, jusqu'au Cameroun. J'ai envie de redonner une partie de tout l'amour que j'ai reçu, ceci en m'impliquant, encore une fois, là ou je suis susceptible d'avoir le plus grand impact. C'est la vraie réponse.

Je vous ai caché quelque chose, vous m'en excuserez. J'avais envie de faire le tour du jardin et de tout vérifier avant de l'annoncer. Lorsqu'on est allés à Tropical Forest, j'ai eu un si grand coup au coeur, j'ai eu envie de proposer à l'équipe de production de venir faire un stage avec nous, à la Savonnerie, au Québec. On a beau leur expliquer l'ergonomie, les méthodes de travail, la rigueur, la productivité, je pense que s'ils vivent l'expérience de la Savo en personne, ils seront outillés pour prendre les meilleures décisions pour optimiser leurs espaces de travail, un pas à la fois. C'est ainsi que j'aimerais inviter Pierre, Ladi et Jean-Claude au Québec cet automne. On pourrait les faire venir pendant la flambée des couleurs. J'ai pensé que pour financer ce projet, on pourra utiliser les sous des ventes des produits en mise à l'essai créés à partir des matières premières qu'on va rapporter. Je vous le dis, dans ma tête, c'est un plan qui fonctionne! J'ai même commencé à fabuler sur une image pour la gamme, un nom. Quand l'enthousiasme me gagne...! On pourrait aussi accepter les dons. Je n'y ai pas pensé plus tôt, mais j'ai eu deux donatrices qui m'ont remis des sous avant que je ne quitte le Québec. Aujourd'hui, je vais remettre l'argent à Tropical Forest. Ce sont eux qui paient les matières premières aux communautés, je pense que c'est l'endroit ou ces sommes auront le plus gros impact. Merci du fond du coeur aux deux donatrices.

Hier, on est allés à un sanctuaire de conservation des primates, le parc de Méfou. Ce n'est pas un zoo, c'est un endroit très éthique ou on réhabilite les singes, les chimpanzés et les gorilles qui ont été séparés de leur famille ou blessés à cause du braconnage. On a beaucoup aimé marcher dans la jungle avec le guide et on a pu observer plusieurs espèces d'arbres, dont le moabi. Ça m'a fait réaliser à quel point la culture est précieuse, car les camerounais doivent grimper pas mal haut pour en cueillir les fruits. On avait pas encore eu la chance de voir la faune au Cameroun, donc cette petite incursion dans un refuge un peu comme celui d'Anne-Marie, Le refuge Lobadanaki, centre de réhabilitation de la faune & sanctuaire, nous a fait le plus grand bien.
Je vous écrirai de Casablanca, je sais que c'est pas mal glamour, mais ça adonne qu'on passe le week-end à Casablanca. Richard et moi on veut aller se taper un petit trip d'épices au souk.

Bon vendredi!

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Marie-Eve Lejour
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Cette mission est financé par les Fonds pour l'innovation et la transformation du Manitoba Council for International Cooperation.

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