January 02, 2020

Tout est possible

Crédit photo:

2019 est l’année de l’inattendu, des défis et de la résilience. Après que tous les employés aient fait l’exercice de dresser leurs cinq grands rêves de vie en 2018, nous avons débuté l’année avec une retraite merveilleuse au cours de laquelle nous avons placé les 5 grands rêves de la Savonnerie, nommés par l’équipe: avoir un grand impact écologique, devenir des influenceurs dans notre milieu, créer des événements mémorables, faire des voyages de conscientisation, devenir un lieu de partage de ressources. Tout ça semblait si grand...

A suivi la mise en place d’une deuxième ligne de production à Bolton, est ensuite tout s’est accéléré. Nous avons passé de 22 à 39 ressources dans l’année, mis en place une structure de gestion pour soutenir toute cette richesse humaine, et fabriqué des centaines de milliers de savons, à la main, avec précision, rigueur, détermination et patience. Ce rythme soutenu est devenu un nouveau tempo, nous étions parfois surpris et étourdis de cette vitesse, mais la plupart du temps, elle nous a motivés.

Nous avons créé plusieurs événements vraiment wow, dont le week-end découverte, les échanges de vêtements, et les jours des morts, qui, finalement, est lui-même mort avec le sinistre du 1er novembre. C’est partie remise et déjà à l’horaire 2020.



Nous avons déposé un plan de développement durable et entrepris des actions pour tendre vers une entreprise la plus écologique possible. Ça semble si évident car c’est au cœur de nos préoccupations depuis le début. L’envergure de l’entreprise est différente maintenant, il faut se repenser.

J’ai pu acheter l’usine cette année, et j’ai saisi l’occasion. C’était la bonne chose à faire, mon intuition me le disait. Lorsqu’un chef d’entreprise prend des décisions en toute confiance, parfois de grandes, et souvent rapidement, c’est que celles-ci s’imposent à lui, et qu’elles sont parfaitement alignées à sa vision. C’était le cas, même si le doute nous effleure l’esprit. Et si on se trompait? Tout est possible, même ce que l’on n’ose pas envisager.


Nous étions enorgueillis de notre capacité à planifier notre automne et l’avance que nous avions sur la production. Ce serait occupé, mais on était tellement préparés. On regardait le tsunami de front. “Même pas peur, qu’on disait. La vague nous a finalement happés de derrière. Le temps d’une nuit, tout bascule. Notre réalité devient cauchemar. Le pire scénario, ou presque. Cette fameuse inondation qui a engloutit le fruit de notre labeur, notre planification de toute l’année, les efforts combinés de toute l’équipe, notre capacité à innover, à trouver les solutions et, je crois, notre innocence, aussi.

La communauté s’est levée. Elle nous a porté sur son dos, pendant qu’on souffrait de nos blessures. Elle nous a regardé droit dans les yeux et nous a dit: “vous pouvez le faire”. On était pas seuls. Vous étiez là, avec nous.

Le Mont-Savon a été déterminant dans notre relève. C’est une image tellement forte. Ce fut de grandes funérailles. Nous avons été soignés, soutenus, aimés. Dans l’adversité, on a réalisé qu’on avait la chance de s’approcher d’un de nos rêves, celui de devenir des influenceurs. On a pris le micro et on a partagé avec vous. Ça nous a fait grandir, une fois de plus. À ce moment, j’ai compris qu’acheter l’usine avait été salutaire pour la pérennité de l’entreprise.

Depuis deux mois exactement, comme disait Mark Twain, “ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait”. On a réalisé l’impossible. On s’est relevés, comme des grands. On a essuyé notre front, on a pris tout notre courage, et on a déménagé la production, on a reparti les fours, et on a entrepris la longue ascension de notre Everest, rebâtir notre inventaire. Le bâtiment n’était pas prêt à accueillir les 20 employés qui ont dû déménager en une nuit. Pas de grande salle d’employés, pas d’internet assez puissant, pas de lignes téléphoniques. Il a fallu agir vite et accepter de faire du camping pendant plusieurs semaines, dans des conditions pas optimales du tout.
On est arrivés à Noël en même temps que tout le monde. On a pas fait nos chiffres, c’est sûr. On a réussi à expédier toutes les commandes. Tout le monde a pu fêter dans sa famille le cœur léger, satisfait d’avoir réussi à traverser un moment aussi critique, et d’être arrivé à bon port en un morceau.
C’est la fin d’une année, mais également d’une décennie. Pour mon entreprise, elle a été super marquante. Il y a dix ans, on avait un chiffre d’affaire dix fois plus petit et dix fois moins d’employés. Je pense que j’étais dix fois moins heureuse dans mon rôle, si on peut quantifier ça ainsi. Chaque jour, je déborde d’amour, de reconnaissance et d’admiration pour mes collègues. Je les trouve merveilleux. Ils m’inspirent. Ils peuvent tout réaliser.

Il y a presque trois ans, lorsqu’on a déménagé de ma maison à Austin, j’avais enfin rendu mon “enfant” autonome et je n’avais plus d’objectif de croissance des ventes pour la savonnerie. J’ai annoncé à mon équipe qu’ils étaient mon nouveau projet, que j’allais passer mon temps à prendre soin d’eux. C’est là qu’on a commencé à réfléchir à ce que c’était le bonheur au travail, le contexte de responsabilisation individuelle qui domine les entreprises libérées, et à ma propre liberté comme chef d’entreprise. Moi qui avait passé tant d’années sans me donner le droit de rêver, j’allais devenir celle qui permettrait aux autres de toucher leurs rêves.

Ça fait longtemps que je cherche un moyen de partager ce qu’on fait, à la Savonnerie. Je ne trouve pas ça super évident de le faire sur les réseaux sociaux sans avoir l’air de flatter notre égo. Nous, on aime mieux faire que dire qu’on fait. On a trouvé notre recette du bonheur dont le premier ingrédient est de répondre à nos besoins. Puis de se projeter vers nos rêves, et nos projets individuels, pour ensuite les connecter à ceux du grand groupe. Notre équipe grandit, mais peu de gens quittent. Lorsqu’ils le font pour s’approcher de la réalisation de leurs rêves, on les félicite, et on se dit “Mission accomplie”! Reste qu’on trouve le moyen de permettre à plusieurs employés de se développer, selon leurs talents et leurs objectifs de vie, de devenir des humains complets et de se déployer. Et c’est si simple de trouver les solutions, il s’agit simplement de prendre le temps d’y réfléchir. Et d’aimer. Profondément. De me lever chaque matin pour être la leader pour qui je voudrais travailler.

À tous, pour 2020, je vous souhaite de trouver votre chemin. Pour la suite, je vous souhaite de le suivre, de trouver les gens qui peuvent vous accompagner, les outils qui vous seront bénéfiques, et que votre bagage ne soit pas trop lourd à porter. Je vous souhaite de la douceur et de la légèreté. Et de l’amour à profusion. Aimer, c’est le plus beau de l’expérience humaine.

 

Marie-Eve Lejour
PDG-propriétaire, Savonnerie des Diligences

 

Partager cet article

 

Envie d'avoir denos nouvelles?

Inscrivez-vous à notre roman-savon pour tout savoir sur nos activités, nouveautés et promotions!

English
English