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Les chroniques d'Austin dans l'eau

PREMIÈRE JOURNÉE : Austin inondé une deuxième fois

Ici Marie-Eve Lejour, propriétaire de la Savonnerie des Diligences.

Hier soir, notre pire cauchemar est arrivé.

Nous avons subi une deuxième inondation au bâtiment qui appartenait jadis à la Savonnerie des Diligences et que nous avons racheté pour notre famille, en 2021.

Le 1er novembre 2019, nous avions subi une inondation qui nous avait forcé à relocaliser toutes les activités de la Savonnerie à notre usine de Bolton-Est. Cinq mois plus tard, c'était la pandémie mondiale. En 2021, nous avons dû restreindre nos dépenses et décidé de vendre le bâtiment d'Austin, devenu trop grand pour son utilisation (une simple boutique et des bureaux). Après six mois à tenter de le vendre sans succès, nous avons décidé d'y habiter avec notre famille. Nous avons vendu notre maison sur Diligences et transformé la Savonnerie en maison. Habiter dans une si grande maison avec nos trois enfants + conjointe et notre coloc nous rendait très heureux et donnait son sens au sinistre événement qu'est l'inondation.

Nous savions que le risque zéro d'être à nouveau inondé n'existait pas. Le bâtiment n'était plus assurable contre ce risque, et nous avons quand même décidé de nous y installer. Nous avons apporté toutes les modifications suggérées par l'ingénieur qui a évalué le sinistre (création d'un buton, élévation du chemin, installation d'une seconde pompe) et nous avons rénové pour minimiser l'impact des dégâts. Nous avions également acheté une Watergate, ces barrières anti-inondations. Après presque 4 ans sans incident, nous étions confiants que ça n'arriverait plus.

Hier soir, vers 23h00, nous avons entendu l'alarme de la fosse septique. Ce n'est jamais bon signe. Nous nous sommes tous propulsés en bas et avons rapatrié les animaux. Nous avons tenté de monter quelques objets, mais l'eau montait si rapidement qu'en quelques minutes, elle était déjà au niveau des prises électriques, ce qui veut dire qu'on doit quitter le sous-sol. On a sorti la watergate et on l'a installée, de peine et de misère, car il y avait déjà tellement d'eau. Tout ce temps-là, j'étais encore confiante qu'on allait s'en sortir.

Puis, c'est l'improbable qui est arrivé. La watergate s'est mise à glisser vers le garage, entraînant nos poubelles se fracasser à toute vitesse contre la porte de garage dont la partie inférieure s'est brisée sous la pression. À ce moment-là, on savait qu'on ne serait pas épargné de toute l'eau du monde.

À l'heure actuelle (mardi 13h00, soit 14h après le sinistre), on a toujours pas réussi à évacuer l'eau du bâtiment. On a réussi à aller louer des pompes et à démarrer le processus, car nos assurances ne couvrent pas et ne nous accompagneront pas dans la remise sur pied de notre maison.

Mon chum, que j'avais dû mettre à pied cet hiver pour cause de restructurations à la Savonnerie, avait déménagé son atelier au sous-sol, il a perdu tous ses outils. Mon fils et sa blonde qui habitent au sous-sol ont tout perdu - leurs vêtements, leurs meubles, leur cuisine, leurs souvenirs.

Puisque nous l'avons déjà vécu, nous savons que nous devons faire venir tous les professionnels suivants: électricien, plombier (changer le chauffe-eau), les gens de la thermopompe, et trouver une solution à plus long terme pour notre bâtiment, probablement fermer complètement le sous-sol.

Merci de tout coeur.

 

DEUXIÈME JOURNÉE : Splendeurs et misères 

On a fait ça en gang, avec beaucoup d'aide, et des offres de partout. On prend tout, merci. On dit oui à tout. C'est ce qu'on a appris la première fois. Dire oui. Laisser son orgueil de "capable tout seul" de côté. Recevoir. 

Merci à ma team au travail qui assure pendant mon absence. Un remerciement tout doux à ma belle Ginette qui a fait notre lavage d'inondation, plié pis toute. J'ai pleuré en le mettant dans l'auto. Mon fils était si heureux de retrouver ses vêtements intacts. Merci à ma soeur et mon beauf qui ont flippé des burgers pour nous ce soir (vive le propane). Au-delà de tous ces gestes, c'est l'amour que vous nous portez qui nous permet de traverser cette nouvelle épreuve.

Probablement que nos panneaux électriques sont morts et tous à remplacer. On a une grosse entrée électrique, legs de la Savo, donc, une énorme dépense imprévue dans l'imprévus imprévisible. Je vais vous raconter demain comment on s'est retrouvés avec du sable absolument partout dans le bâtiment.

On aura pas d'électricité ni d'eau pendant un petit bout... aucune idée de quand ça reviendra. Il y a dix minutes, nos trois chiens se sont fait arroser par une mouffette. Notre maison abonde donc d'un parfum de refoulement d'égouts, d'humidité et de mouffette.

WHEN IT RAINS, IT POURS.

La suite demain.


TROISIÈME JOURNÉE : Confiants et prêts

Ce matin, c'était un peu le branle-bas de combat car ils annonçaient la flotte. D'ailleurs, le danger n'est toujours pas écarté, mais on est confiants.. et prêts. Dans le projet, je suis "le runner" et la maître de la logistique. Pour la logistique, c'est un peu comme mon job, finalement. Je dois m'assurer qu'on ne manque pas de ressources, qu'on appelle les gens au bon moment, qu'on ait les gens disponibles pour travailler, avec des outils. Qu'on les nourrisse un minimum, aussi.

On a commencé la journée avec la visite des électriciens. De vrais amours. Parce que je vous ai dit hier qu'on doit changer le panneau électrique et les breakers, c'est un gros job et elle ne pourra pas se faire avant les vacances de la construction. Brian Wood et son équipe (oui oui, même Brian en personne) à 7h avec le panneau temporaire, et à 13h30, Hydro nous a connectés. ON A DE L'ÉLECTRICITÉ, ET DE L'EAU (pas à boire, mais on va pouvoir se laver). La solution, pour nous, sera de fermer complètement l'accès au sous-sol (donc, plus de porte de garage ni de porte d'homme) et de relever le terrain au niveau du premier étage.

Ensuite ce fut la course à rapatrier le stock sous la serre au cas où il pleuvait tellement que tout glisserait vers le garage. Thierry a aussi nettoyé le drain, nivelé l'entrée, remis de la roche et fait un bouton sur lequel on va appuyer le watergate s'il pleut. S'en est suivi l'ouverture des murs dans le sous-sol et l'assèchement. On a eu des ventilateurs et des déshumidificateurs, et on est allés finalement louer d'autres ventilateurs de compétition. J'ai apporté encore du lavage à ma belle Ginette, et mes collègues qui avaient apporté ma bouffe à l'usine ont remis le tout à mon fils en pm. Merci full.

Demain, c'est la suite du nettoyage du sous-sol et on va enlever le gypse. Il y en a très peu car on avait refait en agro après la première inondation, mais puisqu'il n'y aura plus rien au sous-sol, on va s'assurer de tout laisser sécher. Lorsqu'on est inondés, et surtout si les machines sont au sous-sol, c'est compliqué de tout redémarrer. Il faut changer le chauffe-eau, le plombier doit vérifier les pompes, nettoyer le système de ventilation, et souvent vider la fosse septique qui est pleine d'eau. Lorsque les assurances couvrent, ce sont eux les maîtres du projet. Nous, il faut poser des questions à tous les spécialistes et imaginer le chemin tout seuls, et on a pas vraiment droit à l'erreur, puisqu'on risque gros. C'est quand même vraiment stressant. Toute la nuit, j'ai fait des cauchemars que la maison était scrap. Ça me réveille mal.

Les chiens ont passé la nuit sur le balcon, et la journée aussi. Elles puent encore la moufette, même si les jeunes les ont lavées tantôt. Elles sont d'une humeur massacrante, pas mal moins résilientes que nous, finalement. Merci à tous ceux qui nous envoient des messages, et à ceux qui contribuent et partagent notre GoFundMe. C'est vraiment apprécié, car de sales factures s'en viennent.


QUATRIÈME JOURNÉE : Trouver le cadeau

Vous me connaissez. Je réfléchis beaucoup. Trop, dit souvent mon chum.

Depuis les premières heures du sinistre, après le initial "tabarnac" et tous les autres sacres qui s'en sont suivis, je cherche le cadeau de cette deuxième inondation. Depuis quatre jours, je suis en mode survie. Quand tu ne sais plus quel jour on est, que tu dors mal, que tu n'as plus de frigo fonctionnel ni de bouffe, pas d'électricité, ni d'eau chaude, et à un moment donné, tu te rends compte que tu n'as probablement pas bu depuis 24h, juste parce que tu as oublié ou tu n'as pas eu le temps. Quand tu es en course contre la montre et que tu dois tout régler rapidement sinon tu risques de tout perdre. Quand tu as peur et que tu restes vraiment en bas dans la Pyramide de Maslow - dans les besoins de base, qui ne sont pas répondus.

Et là, dans la tempête, il y a des éclaircis. Des mains amies qui se tendent. Des offres d'aides. De la générosité incroyable. Des gens que tu connais parfois depuis longtemps, parfois depuis peu, qui te viennent en aide, en toute générosité. Je suis touchée au-delà des mots.

Le cadeau, c'était mon voisin David qui, est venu à notre secours le lendemain de son retour de voyage, à peine sorti de l'avion, encore sur le décalage horaire. Petit moment magique à voir son fils sur les genoux de notre fils en train de conduire le tracteur. On s'amuse comme on peut.

Le cadeau, c'était ma voisine Marie-Claude que je connais à peine et qui s'est proposée pour venir à notre secours.

Le cadeau, c'était mon amie Julie qui a passé toute la journée sur les genoux à gratter le sable encastré dans l'isolant.

Le cadeau c'était mon amie Sophie qui est descendue de St-Bruno pour venir laver les tiroirs du meuble d'ébéniste de mon chum.

Le cadeau, c'était de rencontrer Maèva, une jeune fille super allumée que je suis bien heureuse de connaître.

Le cadeau, c'est de me rapprocher de ma famille, parce qu'on est tous pilés les uns sur les autres, et de créer des liens avec Sarah, la mère de ma belle-fille.

Le cadeau c'était de finir la journée au lac avec les filles et une bière, à essayer de se rappeler que c'est l'été.

C'est aussi de voir que mes hémérocalles sont enfin sorties, moi qui les attendait depuis une semaine. J'ai raté le début, on dirait que j'ai passé 96 heures sur la corde à linge.

Le cadeau, c'est de réaliser que je suis vraiment chanceuse de vivre avec cette famille que j'ai choisie.

Lorsqu'une épreuve s'impose à nous, notre seul choix est la réaction vis-à-vis l'épreuve. On a le choix de voir le cadeau ou de ne pas le voir. Le sous-sol est stripé, ça sèche. La maison est crottée raide. Je n'inviterai pas mes parents à souper cette semaine. Bonne nuit à tous!


CINQUIÈME JOURNÉE : La vie ou le cauchemar

Ahh le jour 5. Celui ou tu te lèves et tu te demandes si c'est ça ta vie, ou si c'est un cauchemar. Non, c'est ça ta vie ma grande, tu te lèves, pis tu t'en vas torcher. Prise d'anxiété ce matin, je suis restée immobile à prier pour qu'on soit lundi et que j'aille travailler. Ou que je m'endorme et que je me réveille dans 48h. J'ai tenté de faire pitié à mon chum et de lui expliquer que je me sens vraiment pas dans mes talents à frotter de la bouette et enlever du sable incrusté dans l'isolant, il m'a regardé en me disant: "on a pas le choix, chérie". Je savais que je devais passer par-dessus ma répulsion pour la tâche, et je savais aussi qu'on aurait de l'aide aujourd'hui.

Merci infiniment à Sandra et Sylvain pour votre aide et soutien INCROYABLE. Vous avez été d'une efficacité folle. Merci Mélanie, Richard, Em et Brigitte d'avoir participé à l'improviste, sur le coup du moment. C'était d'un grand réconfort. Merci à tous ceux qui pensent aux petites et grandes douceurs, qui prennent des nouvelles, qui pensent à nos repas Marie-Noelle. On oublie de manger. On oublie de boire. On oublie même quel jour on est. Encore. On oublie que c'est l'été (mais d'où vient toute cette chaleur!). À frotter toute la journée, on ne sait plus si c'est le matin, l'après-midi, le soir ou même la nuit. En tout cas, je n'échangerais pas de carrière pour rien au monde. Voilà une chose de confirmée.

La grande victoire du jour, c'était d'avoir réussi à laver TOUT le plancher, et installer la toilette. C'était mon ambitieux objectif du jour et le défi a été relevé. Allez voir la story, c'est propre en sibole.

Moi qui n'aime pas faire le ménage, dans la vie, j'ai passé un deal avec mon chum: demain je fais le ménage de la maison et je le laisse trier ses outils au sous-sol. J'ai presque hâte à demain.

J'oscille encore entre la grande inquiétude par rapport à tous les systèmes qui n'ont pas encore été vérifiés (ventilation, climatisation - cette semaine, fosse à vider) et la confiance que tout va bien aller.

Les amis qui se présentent sont surpris de me voir sourire. À quoi bon pleurer? Je ne m'empêche pas d'exprimer mes émotions, mais la plupart du temps, je suis optimiste. L'automne dernier, alors que la Savonnerie était au plus bas de sa précarité financière et que j'ai eu peur de tout perdre, j'ai dû envisager le pire scénario. Quel est le pire scénario? Faire faillite? Perdre ma maison? On est pas là, c'est évident. Je marchais dans le sentier et je me disais que peu importe ce qu'il m'arrive financièrement, il me reste mes capacités mentales et physiques, et mon intégrité émotionnelle. À moi de préserver tout cela, qui constitue ma seule véritable richesse. Devant ce nouveau défi, je me rappelle que tout finit toujours par passer.

Ce soir, je me suis payé le luxe d'aller me cueillir un bouquet de fleurs dans mon jardin. Parce que la vie continue, si on le veut bien.


SIXIÈME JOURNÉE : Zone de guerre

Je me lève avec l’annonce d’une guerre imminente. Un 50 à 60 mm de pluie dans un sol déjà saturé, avec une fosse septique pleine. On a demandé l’aide à la Municipalité pour la vider d’urgence, mais ça n’a pas pu être fait avant le week-end. Hier, l’alarme de l’Ecoflow sonnait, on avait abusé: une douche, un lavage, un lave-vaisselle. On recule d’un pas pour mieux avancer et on revient au mode économie d’eau. On ne peut pas la boire, anyway, parce qu’on a fait une désinfection du puits hier. Quand on se lave (dans la douche extérieure), ça sent la piscine de banlieue.

Il est 7h30. On fait le tour de la zone fragile, devant le garage. On sécurise, on enlève tous les objets qui pourraient se retrouver dans la porte et l'abîmer une nouvelle fois. Mon chum retrouve la track de la porte de garage sous la serre. On cherche les outils partout, c’est une course contre la montre avant les premières gouttes d’eau. On se rappelle les barrages de castor, ce sont eux qui causent problème car le ruisseau des chênes ne peut pas percoler correctement vers Magog et ça refoule vers chez nous, en pente négative. Un bon samaritain s’en occupe tôt le matin. On met toutes les chances de notre côté.

Le souffle me coupe à chaque recrudescence de la pluie. Je me sens assiégée, prise au piège, et je ne peux rien faire. Les forces de la nature sont plus grandes que moi. Je tente de contrôler mon anxiété par la respiration, et je me le répète: une heure, une minute, une seconde à la fois. J’ai de la misère à me concentrer. Je sens mon cerveau se liquéfier. J’essaie de me contenir et de me rappeler que je ne peux rien contrôler sinon ma réaction face à la situation. Je me le répète chaque maudite seconde. Le temps est long. Je vais voir la watergate toutes les cinq minutes. Je descends en bas toutes les heures pour vérifier si les égouts refoulent. On a menacé toute la maisonnée: celui qui utilise trop l’eau va torcher le dégât. Tout le monde s’est poussé (en fait, ils travaillent, les chanceux!). Je prie tous les “baby Jesus” de ce monde de laisser ma maison tranquille cette fois. Je n’ai pas la force de me battre à nouveau contre les éléments. Je viens de passer une semaine en état d’urgence. J’ai besoin d’un break. Pas des vacances, là, je veux pas abuser, juste une trêve d’intensité… la petite routine, marcher, aller travailler, faire à souper, écouter un film, dormir, et recommencer.

Puis, j’essaie de me reculer de l’arbre et de voir la forêt. Je ne suis pas malade. Je ne suis pas mourante. Je ne suis pas dans un pays en guerre. Je suis “juste” sinistrée. Et ça va passer, tout va revenir à la normale. Éventuellement.

Après la pluie, le beau temps. Il fait soleil. Espoir. Peut-être même un apéro.


SEPTIÈME JOURNÉE : Bilan de la première semaine

J'ai envie de vous faire un récapitulatif du factuel et de l'émotionnel de notre inondation. Nous ne sommes pas les seuls à être sinistrés en ce moment, et peu importe le genre de crise vécue, c'est très compliqué de concilier une crise dans la vie personnelle avec la vie professionnelle. Parce que, pour tous les autres, la vie continue. Et c'est bien normal.

Il y a environ 165 heures, soit il y a exactement une semaine, nous étions inondés à notre résidence d'Austin, l'ancien bâtiment qui abritait la Savonnerie des Diligences, qui a elle-même subi le même genre d'inondation il y a près de quatre ans.

Vous avez été nombreux à suivre les événements en temps réel. Voici un récapitulatif de la situation. L'eau a monté d'environ 5 pieds (donc plus que la dernière fois) en moins d'une heure. Pourtant, nous avions suivi toutes les recommandations des nombreux spécialistes qui sont intervenus après la première inondation (création d'un buton, ajout de pompes, changement du ponceau). L'eau est montée à une vitesse fulgurante et nous avons installé la watergate trop tard, elle a été emportée par le courant, elle a ramassé nos poubelles au passage qui ont défoncé la porte de garage. Les sacs de sable de déglaçage qui se trouvaient dans le garage ont été répandus partout au sous-sol.

Le panneau électrique est à remplacer, et puisque le travail ne pourra pas être fait avant les vacances de la construction, nous avons une installation avec un panneau de chantier temporaire. Le plan est de fermer l'accès au sous-sol en remplissant la porte de garage et la porte d'homme avec du béton et de monter le niveau du sol au premier étage. Jours 2 et 3, une fois l'eau éloignée, nous avons sorti tous les objets du sous-sol, et rempli un conteneur à déchets complet avec les meubles détrempés de mon fils et de sa blonde qui habitaient au sous-sol, nos équipements de plein-air et les outils de menuiserie de mon chum. Ensuite fut le temps du grand nettoyage, puis du triage. Nous avons eu du soutien de notre réseau et des contributions financières. Merci à tous, vraiment. Le soutien que nous avons reçu nous a permis d'avancer, même dans les moments terrifiants.

C'est un énorme traumatisme que d'être témoin d'un sinistre, de voir s'engouffrer l'eau dans notre sous-sol, et être complètement impuissants. Ce pour la deuxième fois. Je ne peux pas vous dire si c'était pire cette fois ou la dernière fois. C'était radicalement différent. La première fois, j'étais dans un piètre état mental et physique. Trente-six heures avant l'inondation, j'étais chez le médecin qui me diagnostiquait une dépression majeure et qui me sommait de m'en occuper. Elle me connaît, ma doc. Elle sait que j'adore ma job et que je l'ai souvent priorisé, au détriment de ma santé. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je suis en pleine capacité de mes moyens physiques et mentaux. En général, en ce moment, je me sens vraiment bien. Pourtant, je ne peux pas vous dire que le choc a été moins brutal, ni que ça fait moins mal ou que c'est plus facile. Surtout que l'onde de choc est familiale.

Je me sens voguer dans une mer d'incertitudes, d'hypothèses et de questionnements. "Est-ce qu'on aurait pu faire autre chose qui aurait pu éviter cette catastrophe? Que serait-il arrivé si on s'était fait refuser le permis de construction pour la Savonnerie à Austin? Est-ce qu'on aurait eu un parcours similaire? Est-ce que ça aurait pu être plus facile?" Etc.

En ce moment, la complexité de notre situation est multi-couches. Il y a le sinistre et le choc post-traumatique qui affecte toute notre maisonnée, et tout le monde différemment. Il y a des membres de notre famille qui vont devoir quitter le nid de manière rapide et impromptue, parce qu'ils n'ont plus d'espace à eux. Il y a les inquiétudes financières, parce que la vérité, c'est qu'on a encore aucune idée de combien va coûter toute cette mascarade ni comment on va faire pour tout payer ça. Il y a la fatigue mentale, parce que le stress ronge et qu'on se retrouve en mode survie, dans les besoins de base. Il y a la dichotomie entre la réalité personnelle et le beat professionnel de la saison touristique qui bat son plein, qui requiert un état d'esprit joyeux et des bras accueillants, alors que mon âme est en pleurs et que ma maison est blessée. La joie est un aimant, et la tristesse rend souvent mal à l'aise. On ne sait pas quoi dire devant le drame et la misère. Je ne veux pas que mon drame personnel fasse de l'ombre à mon entreprise, et ce, d'aucune manière. Je ne veux pas, et ne peux pas me le permettre.

Je ramasse donc les restes de moi et les rapièce autant que faire se peut. J'aspire à ressembler à un Kintsugi, la méthode de réparation japonaise de la poterie par l'or, qui donne un résultat encore plus beau et surprenant que la pièce originale. Je suis brisée, mais je sais que je vais me réparer. Chaque chose en son temps. Un jour à la fois. On la connaît, la chanson.

Aujourd'hui, je suis allée travailler. Je ne pense pas avoir été fantastique. Ma tête était ailleurs. Elle était partout. Mon corps était présent. C'était déjà un début. J'ai marché, aussi. Le retour à ma routine chérie. Voir mes collègues que j'aime tant. Avoir l'impression d'être un peu plus près de mes talents.

Ma vie s'est arrêtée pendant 165 heures. Pendant ce temps, celles des autres a continué, Les fleurs se sont déployées. La nature a continué de se transformer. Parce que peu importe ce qui se passe, elle connaît le plan. Les vivaces poussent toujours au printemps.

Je regarde mon Everest. Je suis au camp de base. Je vais monter un autre 1000 mètres jusqu'au camp suivant. On se voit là-bas.


ONZIÈME JOURNÉE : Une pluie menaçante, presque meurtrière

Vous êtes plusieurs à penser à nous lorsqu'il pleut. Moi qui jadis aimait la pluie et son bruit sur la tôle, même lorsqu'elle tombait à torrents... c'est maintenant chose du passé. La pluie est maintenant menaçante, presque meurtrière.

Tout tient en ce moment à Austin, pour ceux qui se posent la question. On a laissé notre Watergate en place, et on a rendez-vous avec l'entrepreneur qui va coffrer la porte de garage et la porte d'homme au retour des vacances de la construction... "le 7 août à 7h30", a-t-il dit! D'ici là, on laisse tout en place au cas où. On est confiants que ça va tenir.

Quand même, c'est inquiétant, vous ne trouvez pas, les changements climatiques? On est pas les seuls à avoir subi les contrecoups de Mère nature. Quelques jours après le cataclysme, je me disais - "et si ça ne s'arrêtait pas? Qu'arriverait-il si par exemple, il pleuvait vraiment à torrents pendant 40 jours, comme dans le déluge de l'Arche de Noé? C'est fou d'y penser, on ne tient pas à grand-chose, finalement.

Ces derniers jours, je suis super reconnaissante de tous ceux qui m'ont nourrie. Mon amie Marie-Noelle m'a fait une épicerie, m'a cuisiné du poulet bio délicieux, m'a apporté des muffins. Mon amie Léonore est venue jouer la chef à domicile - je lui ai volontiers prêté ma cuisine et elle a fait genre 6 recettes en un rien de temps. Le lendemain, elle est revenue me porter des bleuets. Je suis vraiment reconnaissante de toutes les petites attentions, des messages, des offres d'aide, c'est ce qui fait que je me sens soutenue.

Comme les malheurs ne viennent jamais seuls, j'ai eu tout plein de petites complications cette semaine qui ont eu l'effet d'une cascade. Je me sens fragile et vulnérable, et je n'aime pas être dans cette posture. Elle est humaine, par contre, je dois l'accepter. Parfois, c'est ça l'exemple qu'on montre à nos enfants. Des exemples de fragilité et d'imperfection. Ça leur donne le droit de se tromper, eux aussi.

Bon week-end à tous. J'ai espoir de prendre un peu de repos, pour la première fois depuis qu'on a pris la flotte.


QUATORZIÈME JOUR : La météo me rend anxieuse

On dirait que la pluie ne tombe plus de la même manière.

Je scrute le ciel à la recherche des nuages.

Le tonnerre qui gronde me donne la nausée.

Je compte les secondes entre les éclairs et le tonnerre (merci Martin pour l'info).

Pour vrai, je ne sais pas si c'est à cause de ce qui s'est passé, mais on dirait que la prophétie de Robert Charlebois s'est réalisée et que Jacques Cartier a navigué à l'envers de l'hiver. Il fait soit chaud, soit humide, et le plus souvent chaud et humide. La pluie est presque toujours digne des pluies d'été sous les tropiques. Je sais que plusieurs d'entre vous pensent à moi dès qu'il pleut à torrents. Merci de m'écrire pour prendre de mes nouvelles. Tout tient toujours à Austin-les-bains. On compte les dodos jusqu'au 7 août, début des travaux.

Quand il pleut, je me sens un peu comme Charlie, notre vieille chienne anxieuse qui déteste les orages. Elle se cache dans le salon, le plus souvent sous la table, et elle attend que ça passe, ou de s'endormir et de rêver au beau temps.

C'est fort, le drame qu'on a vécu. On a réussi à se connecter à l'image de la pluie torrentielle, comme un conditionnement, une répétition.

Avant, les gens pensaient à moi sous la douche. Maintenant, ils pensent à nous sous la pluie. C'est juste un différent genre de mouillé.

Bonne nuit.


QUINZIÈME JOURNÉE : Déléguer sa peine

L'adrénaline est retombée. La visite est partie. C'est comme après des funérailles, tu ramasses les assiettes vides avec les sandwichs pas de croûte et les crudités left-over. Je me sens honorée et soutenue de toute l'aide obtenue, tout le soutien, mais incroyablement vide en dedans. Vous êtes nombreux à continuer à m'offrir de l'aide, mais je ne sais pas quoi déléguer. Est-ce qu'on peut déléguer notre peine?

Je me lève chaque matin, à la même heure et je refais exactement ma routine, à la minute près. Je sors les chiens, je prends ma douche, je monte en haut et mon chum m'a fait un café délicieux. Je déjeune, je pars marcher, puis je pars au travail. Cette routine a pour effet de sauver ma santé mentale, car chaque jour, je refais les mêmes gestes parce que j'ai survécu le jour précédent.

Je ne sais plus vraiment quel jour on est, ni quelle saison d'ailleurs. Je sais qu'il fait chaud, crissement d'ailleurs, et qu'il pleut tout le temps. Ça, je m'en rends compte. Je suis tellement stressée chaque fois qu'il pleut. Je sais qu'on est dans les vacances de la construction. Mon cerveau le sait mais mon corps ne l'intègre pas. Il est dans un espace temps immémorial. Il ne comprend plus grand chose à tout ce qui s'est passé.

Je me surprends à rester joviale et positive au quotidien. Je croise des gens et j'oublie presque momentanément que j'ai été sinistrée. J'ai refoulé mes inquiétudes et mon anxiété au plus profond de mon âme, car en vérité, je n'ai aucune idée de combien tout ce sinistre va me coûter en énergie et en argent, ni comment je vais arriver à financer tous les gros travaux. À chaque jour suffit sa peine.

Il y a eu des contrecoups chez tous les membres de la famille. Tous ont réagi à leur manière. Pour certains, le choc a été plus violent que pour d'autres. Des suites d'événements qui se bousculent et qui créent de nouvelles réalités de causes à effets. Des effets papillons.

Est-ce que vous arrive parfois de vous dire: "s'il y a trois semaines, j'avais été catapultée aujourd'hui, je ne croirais pas du tout à ce qui m'est arrivé". Ça m'arrive constamment, plusieurs fois par jour.

J'écris plus rarement car je ne sais pas trop quoi dire, à part que je me sens un peu à côté de la plaque, en choc post-traumatique, inquiète, anxieuse, atterrée, fragile dans toute mon humanité. Vous me percevez souvent forte, je le suis, mais je suis aussi fragile, vulnérable, anxieuse. Une humaine dans toute sa complexité.

Comme toute étape de vie, celle-ci a pour effet de me rapprocher de certaines personnes et de faire partie de mon parcours. Un jour, j'aurai la distance nécessaire pour vous partager le "pourquoi c'est arrivé". En attendant, je gère ma colère, mes inquiétudes et mon sentiment d'injustice.

En ce moment, je gère ça comme je peux avec une Grand Duc 5% bière de blé sure aux framboises et cerises griottes.

Santé.


VINGT-HUITIÈME JOURNÉE : Le coup d’envoi

Ce matin, c'est le coup d'envoi de nos rénovations de rétablissement. L'entrepreneur qui nous sauve la vie était au rendez-vous à 7h30 ce matin. Le plan: défaire la porte de garage et la porte d'homme, et coffrer le sous-sol, remplir de béton, et une fois les travaux électriques de rétablissement complétés (on doit refaire le panneau complet et le déménager à l'étage), on pourra remonter le niveau du sol jusqu'au premier étage en pente négative, pour que l'eau ne puisse plus jamais avoir envie d'entrer dans notre maison. On croise les doigts.

Vendredi dernier, on a eu une autre frousse. Même si notre fosse a été vidée, il semble que la pompe qui sépare le liquide du solide n'est pas reconnectée au panneau électrique temporaire, ou défectueuse. On ne le sait pas encore. Ce qui fait qu'on est de retour à ne pas pouvoir se laver ni faire du lavage chez nous. Heureusement que les vacances de la construction sont terminées (Sorry guys!) et qu'on va pouvoir avoir des réponses. C'est tellement stressant.

Ce week-end, on a tout fait pour se divertir, car en vérité, on est un peu morts de trouille de tout ce qui peut arriver en termes de complexité, cascade d'événements et conséquences financières. J'ai essayé le jardinage, la popotte, le tricot, et le vin, et parfois presque tout en même temps. On dort mal. Ça tourne vite. On fait des cauchemars. Cette nuit, j'ai rêvé qu'on était à nouveau inondés pendant les travaux de l'entrepreneur. Ça me réveille mal.

Cette semaine, mon équipe de travail est en vacances, l'usine est fermée et moi je garde la Savonnerie. Je fais des tâches vraiment différentes de d'habitude, et finalement, je vais avoir vraiment hâte de revenir à la normalité, entourée de toute mon équipe que j'aime. La vie que j'ai choisie. La vie est toute tranquille. Je vais prier pour que la semaine passe le plus rapidement possible et sans mauvaise surprise. La semaine prochaine, c'est moi qui partirai en camping et déconnecter totale avec mes amis de la Maison des leaders. Merci d'être là, de nous lire et de nous envoyer vos meilleures ondes positives.

 

TRENTIÈME JOURNÉE : Se changer les idées

Le coffrage du sous-sol a débuté. On a pas été inondés hier, merci à tous ceux qui continuent à penser à nous quand il pleut.

D'ailleurs, il ne finit plus de pleuvoir. Non, mais, quel genre d'été est-ce qu'on a, on peux-tu se le dire? C'est n'importe quoi.

Tout se passe rondement avec les rénos, je n'en entends pas parler dans la journée, ce qui est plutôt bon signe.

Par contre, on a encore des mauvaises nouvelles. C'est notre Ecoflow, finalement, qui semble défectueux. Je n'ai aucune idée de comment on aurait pu savoir ça, mais ça a l'air que si vous êtes inondés et que vous avez un Ecoflow, il faut le faire vérifier... sinon ça pourrait foutre en l'air le champ d'épuration. Donc, les Chroniques d'Austin pourraient servir de guide à un futur inondé, quoique je ne souhaite ça à personne, avec les changements climatiques, ça a l'air que ça va continuer à arriver.

Je pourrais donc faire une genre de liste "bullet":

Lorsque vous êtes inondés:

  • Appelez vos assurances - si vous êtes assurés, arrêtez de lire, ils vont s'occuper de tout. Sinon, continuez:
  • Coupez l'électricité lorsque l'eau atteint les prises électriques, sinon vous pourriez mourir électrocuté (c'est même pas une blague);
  • Sortez l'eau du sous-sol;
  • Faites rétablir l'électricité par un électricien certifié;
  • Séchez le sous-sol, par tous les moyens possibles, louez des fans, des ventilateurs, et laissez rouler ça. Si vous avez de l'électricité, bien sûr;
  • Faites vérifier la plomberie, changez le réservoir d'eau chaude (il est inondé);
  • Faites vérifier vos conduits d'air et les nettoyer (fournaise, échangeur d'air, thermopompe);
  • Faites tester l'humidité dans votre bâtiment;
  • Faites vider votre fosse septique (elle est probablement inondée);
  • Faites vérifier votre Ecoflow... (!)
  • Faites tester votre eau, au cas ou;
  • Faites de sorte d'éliminer le risque que cela se reproduise, pour éviter que votre santé mentale se noie elle aussi et de revenir à la première ligne de la liste, again and again.

Pour le reste, entre les rénos, le congé de l'usine et l'intensité générale de l'été, je me sens vraiment écartelée et pratiquement jamais dans le moment présent.

J'ai quand même réussi à me sauver cet après-midi et à aller voir mon ami Janel Laplante et les tournesols magnifiques de sa Ferme Améroquois, une visite que je recommande, vous avez jusqu'à ce dimanche le 13 août. Ça m'a changé les idées.

Bonne soirée à tous!


TRENTE-DEUXIÈME JOURNÉE : Une pluie omniprésente 

NON MAIS... Est-ce qu'on peut avoir une journée complète de beau temps?

On m'a dit récemment:

"Ce que tu cherches te cherche." Je trouve ça super puissant.

L'eau est partout. La pluie est omniprésente. Tout le monde m'en parle. L'eau me cherche et je la cherche aussi.

Dans un éclairci ensoleillé, l'entrepreneur-qui-nous-sauve-la-vie a réussi à couler le béton HIER à 13h00. On a donc des murs plein et c'est même décoffré à l'heure actuelle aujourd'hui. Ça sèche. Des fois, quand il ne pleut pas.

La semaine prochaine, on commence le travail d'électricité, la membrane sera installée, et sans doute la semaine suivante, on remblaie. Ça avance et c'est encourageant.

Dans la noirceur, je commence à voir les éclaircis moi aussi et même, la lumière. Des synchronicités se mettent en place et je pourrai bientôt vous parler de belles choses qui s'en viennent, et vous pourrez même PARTICIPER.

Pour fêter ça (et mon début de vacances, je m'en vais quelques jours en camping pendant que mon chum gère le chantier), je suis allée me saucer dans le lac Orford. Oui, oui, aujourd'hui, au frette. Vous comprendrez bientôt pourquoi.

 

QUARANTE-ET-UNIÈME JOURNÉE : Silence et paix totale

De retour d'une semaine (trois jours + trois nuits, le temps s'est arrêté) de canot camping avec les copains de La Maison des leaders en déconnexion complète, rare moment dans les dernières années d'intensité. Ah, et, j'avais oublié de le mentionner: IL N'A PAS PLU UNE GOUTTE PENDANT TOUT LE SÉJOUR. L'univers me devait ça. Clairement.

Les travaux avancent. La partie béton (couler les murs + décoffrage etc) est terminée, l'entrée électrique extérieure a été remontée, et nous préparons le terrain ce week-end (en réalité, plus mon chum, moi, je visualise) pour la pose de la membrane hydrofuge en début de semaine, qui sera suivie des travaux d'excavation (drains, remblai, remonter le niveau du sol au premier étage). Si tout va bien et que Mère nature collabore, d'ici une semaine, la portion extérieure des travaux sera achevée. Il restera l'électricité à l'intérieur et la reconnexion du chauffage et ventilation, toujours débranchés depuis le 10 juillet - on ignore donc s'ils fonctionnent encore.

Notre fils et sa blonde ont réintégré la maison (yé!) avec les quelques affaires qui leur restaient et notre coloc est partie (snif!).

Vous avez peut-être vu passer l'annonce de mon one woman show le 18 septembre, et pensé WTF?, ou pas, selon ce que vous connaissez de moi. Dans la noirceur, il y a toujours des zones de lumière. J'ai su saisir l'occasion, les synchronicités sont trop belles. J'ai tellement à partager avec vous. Je n'étais pas 100% certaine d'avoir le courage de me lancer avant de partir en camping, donc, je n'avais rien annoncé. Je voulais voir si ça résonnait au-delà de la bonne idée sur le moment. À ralentir et prendre le temps de m'observer, à partager l'idée avec les amis, le oui s'est déposé comme la seule possibilité. C'est l'art qui guérit, la communauté qui se rassemble, l'amour qui permettra tout ça. Venez passer cette soirée unique avec moi!

C'est déjà un travail d'équipe. C'est Marc-Andrée Coallier qui a eu l'idée du titre LeJour se lève. C'est Eric Chouteau qui a pensé au concept. C'est Sylvie, nouvelle amie, qui a pris la photo de LeJour se lève un matin, à l'aube, dans le lac du Parc régional du Poisson blanc. Un matin dans le silence et dans la paix totale.

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